Chaque auteur qui s'apprête à envoyer son manuscrit se pose la question, et si on me le volait ? Le risque réel est plus faible que la légende, mais il n'est pas nul, et la parade coûte si peu qu'il serait absurde de s'en passer.
Le risque réel, sans fantasme
Les maisons d'édition sérieuses ne volent pas les manuscrits, leur réputation vaut plus qu'un texte. Les risques réels sont ailleurs, un bêta-lecteur indélicat, un atelier d'écriture, un concours mal encadré, une plateforme d'autoédition douteuse, ou simplement un différend futur sur qui a écrit quoi dans une collaboration.
Et il y a le risque moderne, votre texte publié en autoédition peut être aspiré et republié sous un autre nom sur d'autres plateformes. Là, prouver votre antériorité fait toute la différence dans la procédure de retrait.
La méthode en trois gestes
- Figez une version. Exportez le manuscrit en PDF, c'est cet état exact que vous allez dater. Peu importe qu'il reste des corrections à faire.
- Datez-le par un dépôt horodaté. L'empreinte SHA-256 du fichier, liée à une date par un tiers, prouve que ce texte précis existait ce jour-là entre vos mains. Les alternatives (e-Soleau à 15 €, notaire) sont ici.
- Envoyez ensuite, éditeurs, concours, bêta-lecteurs. Toute personne qui reçoit le texte est postérieure à votre preuve. Redatez les versions retravaillées majeures.
Vos brouillons comptent aussi. Conservez vos fichiers de travail, notes, plans, versions successives. Aucun plagiaire ne possède la généalogie de votre texte. Combinée à un dépôt daté, elle rend la contestation presque impossible.
Idées reçues d'auteurs
« Je mets une mention copyright sur la page de garde »
La mention © informe, elle ne prouve rien. Elle reste utile comme signal, ne comptez pas sur elle comme preuve.
« Je m'envoie le manuscrit en recommandé »
Le grand classique des forums d'écriture, et il est faux. L'enveloppe ne garantit pas son contenu et les tribunaux l'écartent régulièrement. Pour le même budget, un dépôt e-Soleau ou en ligne fournit une vraie preuve.
« Le dépôt légal à la BnF me protège »
Le dépôt légal concerne les œuvres publiées, c'est une obligation patrimoniale, pas un service de preuve pour manuscrits inédits. Ce n'est simplement pas son rôle.
Dois-je protéger le titre de mon livre ?
Le droit d'auteur protège un titre s'il est original, ce qui est rarement acquis pour un titre court. Pour un titre à fort enjeu commercial (une saga, une série), le dépôt de marque à l'INPI est l'outil adapté, c'est une autre démarche que la protection du texte.
Et si j'écris sur Wattpad ou en feuilleton ?
La publication date vos chapitres, mais la plateforme peut tout supprimer. Déposez le recueil des chapitres à intervalles réguliers, la preuve reste alors sous votre contrôle.
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